légendes de jil et yill
poème chorégraphique pour
mains, percussion et sensibilité de l’eau
Ce tout récent spectacle de danse contemporaine, dont la première a été présentée dans le cadre inhabituel de la Biosphère, sur l’Ile Sainte-Hélène, à Montréal, est une oeuvre peu commune dans le milieu de la danse québécoise. La chorégraphie est remplie de surprises, comme l’étonnante séquence de langage inventé, ou les syllabes mnémotechniques de la tradition musicale orale, les textes provocateurs du chorégraphe Richard Tremblay, ou cet extrait de “Les Jours de l’éclipse”, de Paul Bélanger, mais, surtout, les postures hiératiques contrastant avec la fluidité des mouvements et de la gestuelle des mains qui laissent à coup sûr une impression vive et persistante.
Oeuvre à la fois contrastée et nuancée, rythmée, engageante et visionnaire, alliant avec un art consommé la musique, la danse et le théâtre, cette danse est guidée par une figure semblable à celle du Coryphée de la tragédie grecque. Ce personnage central trace un parcours intense et coloré à travers cinq épisodes de mouvement et de musique pour percussion, tabla et tambours de kathakali. Des projections sont intégrées à certains passages pour suggérer, par un extrait de danse-théâtre kathakali, le débordement du temps. L’oeuvre se termine sur la transformation étonnante du personnage de danse qui sort de l’inconscient comme une figure de rêve.
Sur un ton, parfois grave, parfois léger, trois personnages se partagent la scène: le guide (Richard Tremblay), l’interprète (Sophie Janssens) et le percussionniste (Bruno Paquet). Texte, mouvement et musique de percussion donnent vie à ce spectacle envoûtant.
En passant par l’incontournable kathakali qui est leur point de rencontre, les deux créateurs donnent à l’oeuvre une saveur à la fois orientale et profondément contemporaine. D’une durée approximative d’une heure, et destinée à un public adulte de culture générale, cette production est une intégration sensible et inspirée du texte et de la musique au propos de la danse. Jil et Yill, une succession d'ambiances, d'images et de rythmes qui évoquent l'univers, sans compromis, des voix individuelles.
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extraits de textes J'ai vu deux papillons blancs voltiger au-dessus des fleurs de moutarde, sous la lumière vive et contrastée des derniers jours de l'été. Après avoir contemplé pendant un moment leur tourbillonnement, en parfait duo sur le chant de la cigale, et leur mouvement d'ascension lente et continue dans un axe si verticalement pur qu'il semblait les attirer indéfiniment vers le haut... au camarade devenu insomniaque pas de poids prescription pour créateur lettre aux amis (paul bélanger) |